Portrait : Malaury Eloi Paisley © Mathieu Asselin, 2024

Présentation des artistes

Réalisatrice et artiste visuelle basée en Guadeloupe, Malaury Eloi Paisley a étudié l’histoire de l’art et la muséologie à la Sorbonne Nouvelle et au Canada, puis le cinéma documentaire aux Ateliers Varan en Guadeloupe et à l’EICTV à Cuba.

Son premier long métrage documentaire, L’Homme-Vertige: Tales of a City, présenté à la Berlinale 2024 et récompensé à de nombreuses occasions, explore les métamorphoses
urbaines et mémorielles de Pointe-à-Pitre.


Son travail, mêlant cinéma, photographie, son et textile, interroge les traces de l’histoire coloniale dans les corps et les paysages. Elle développe actuellement un projet de film et d’installation multidisciplinaire entre la Guadeloupe, le Brésil et le Sénégal, en partenariat avec des festivals de droits humains et des résidences internationales.

KÒ A LANVIL

par Malaury Eloi Paisley

«KÒ A LANVIL (« Je veux filmer le corps de ma ville ») constitue le squelette de mon travail actuel et le point de départ de mon prochain long métrage hybride Mémoires & Fictions d’une île avant la disparition. Ce projet se déploie dans une temporalité étendue, assumant une écriture qui se transforme au fil des années, des tournages progressifs et des couches mémorielles que je convoque.
Je m’intéresse à ce que j’appelle la mémoire résiduelle du cinéma : tout ce qui demeure en marge d’un film — rushes non utilisés, rencontres éphémères, gestes observés, paroles fugaces. Ce processus, souvent invisible, me semble pouvoir devenir oeuvre en soi.


Depuis 2016, je documente les métamorphoses de Pointe-à-Pitre à travers la photographie et le cinéma (Chanzy Blues, L’Homme-Vertige), développant la notion de « Matière-ville », où l’invisible sonore, vibratoire devient texture, trame, surface.
Mon approche du cinéma s’éloigne d’une logique strictement narrative pour s’inscrire dans une pratique plastique, proche de l’installation et de l’accumulation. Certaines images sont pensées comme des tableaux-vidéos, des objets filmiques autonomes, destinés à entrer en relation avec l’espace d’exposition et avec le corps des spectateurs.
La résidence sera consacrée à des repérages sensibles, des prises de vues (notamment en Super 8), des recherches aux archives départementales, des enregistrements sonores et des rencontres avec chercheurs et artistes.

Malaury Eloi Paisley, «Pointe Alègre. Saint-rose, Guadeloupe

Né en 1993 aux Abymes (Guadeloupe) et basé à Berlin, Thomias Radin développe une pratique transversale mêlant peinture, sculpture, performance et vidéo.
Représenté par la galerie Esther Schipper, son travail puise dans la danse, le rythme et la mémoire africaine-caribéenne pour traduire en formes plastiques le mouvement et les identités en mutation.
Ses peintures, sculptures et performances, centrées sur des corps fragmentés et des gestes éclatés, résonnent avec les circulations diasporiques et les héritages symboliques et culturels. Sa dernière exposition, Entre ciels et terres : contingences humaines (Galerie Esther Schipper, Paris, 2025), explore l’énergie contradictoire des corps noirs fragmentés, entre beauté et menace, et convoquait des motifs récurrents — vagues, labyrinthes, figures torsadées — comme autant de signes d’une mémoire en résonance avec les cultures caribéennes et les spiritualités ancestrales.

Thomias Radin © Charlie Alverhne

SOUKOUSS

par Thomias Radin

«SOUKOUSS explore la complexité de l’héritage corporel de la Guadeloupe à travers le mouvement, les paysages et les tensions qui traversent le territoire : mémoire, devenir, enjeux politiques et spirituels.
Le corps y devient un espace de transmission, de résistance et de transformation, révélant un état de tremblement à la fois intime et collectif.
Ce film s’inscrit comme le second volet d’une trilogie amorcée avec RIVAL, mon précédent court métrage, aujourd’hui intégré aux collections
permanentes du MACBA et du Musée d’Art Moderne d’Athènes.
Avec SOUKOUSS, je poursuis une recherche artistique profondément ancrée dans l’archipel guadeloupéen, tout en dialoguant avec des problématiques contemporaines universelles traduites via la danse.»

Extraits du film RIVÂL, Thomias Radin, 2023